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Et l'évolution créa la femme (Pascal Picq)

Pascal Picq est un auteur prolixe, connu pour ses talents de vulgarisateur. Son dernier livre, Et l'évolution créa la femme, paru il y a quelques mois, a connu un certain retentissement. Le propos est ambitieux, puisque l'ouvrage se propose de cerner la difficile question des rapports de genre dans l'humanité en croisant à la fois la perspective éthologique et biologique (le domaine de spécialité de l'auteur) et l'anthropologie sociale. Sous bien des aspects, le texte est très informatif, et soulève une foule de questions qu'il traite parfois finement. Certains travers viennent toutefois gâter la sauce, et font que le livre laisse au final une impression très mitigée. Commençons donc par les points qui posent problème.

Une rédaction approximative

D'une manière générale, et c'est un sentiment que j'avais déjà éprouvé à la lecture d'un précédent opus du même auteur, le texte donne la désagréable impression d'avoir été écrit (beaucoup) trop vite. Il semble avoir été rédigé d'un seul jet, sans que soit pris le temps ni des vérifications nécessaires – j'y reviendrai dans un instant – ni de la réflexion sur les meilleures voies pour organiser le propos et pour donner forme à une imposante matière première. Le talent d'écriture de Pascal Picq n'est pas en cause et, dans le détail, on suit bien volontiers ses réflexions. Mais à un niveau plus global, on finit par être gêné par les digressions et les redites, qui font trop souvent perdre le fil du raisonnement. C'est notamment le cas dans la première partie, consacrée aux différentes espèces de primates, où la richesse des informations et la variété des questions examinées finit par noyer un peu le profane, et où la pédagogie de l'exposé aurait grandement gagné à l'ajout de quelques tableaux ou graphiques, de même qu'à une rédaction plus serrée.
Cependant, là où le bât blesse le plus, c'est que le texte comporte de trop nombreux flottements ou approximations, quand ce ne sont pas de franches erreurs, qu'une rapide vérification aurait pourtant aisément permis de corriger.
Pour ne donner que quelques exemples, anecdotiques, mais significatifs : à propos de l'avènement supposé du patriarcat il y a quelques millénaires, on tombe sur ce qui est présenté comme une citation de Marx, qui en aurait parlé comme de « la plus grande défaite de l’histoire de l’humanité ». La citation n'est pas sourcée, et pour cause : Marx n'a jamais rien écrit de tel. Seul Engels, dans son Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État, évoque à ce sujet la «  défaite historique du sexe féminin », une formule directement inspirée de Bachofen et qui, indépendamment de sa justesse, possède un tout autre sens.
À propos de possibles inégalités de richesse dès le Paléolithique supérieur, la discussion de la sépulture de Sungir révèle elle aussi bien des problèmes. Pour commencer, le site est localisé à tort en Ukraine, alors qu'il se trouve en Russie. Ensuite, il est alternativement orthographié « Shungir », alors que la retranscription usuelle est Sunghir. Ces détails n'auraient guère d'importance, si l'interprétation de ces restes ne procédait de la même légèreté. Pascal Picq écrit en effet :
L’homme âgé devait avoir un statut important pour justifier un mobilier funéraire d’une telle richesse – représentant des milliers d’heures de travail –, ainsi que le sacrifice de deux adolescents, dont un portant une malformation faciale. La société de Sungir était organisée selon une hiérarchie sociale reposant sur des activités artisanales spécialisées et certainement dominée par les hommes. (…) Ainsi, ces nouvelles connaissances et interprétations récusent l’idée que les sociétés du Paléolithique aient été égalitaires.
Or rien n'autorise de telles conclusions. Les « milliers d'heures de travail » sont tout au plus une hypothèse, qui est loin de faire l'unanimité. Le fait que les deux adolescents auraient été sacrifiés, pour sa part, ne repose sur aucun élément matériel, et n'exprime que la perplexité (ou le manque d'imagination) de certains archéologues devant des pratiques funéraires qui nous apparaissent étranges. La « hiérarchie sociale » ne constitue rien de plus qu'une conjecture, la spécialisation artisanale une spéculation encore plus gratuite – à la différence d'autres productions du Paléolithiques, les biens funéraires de Sunghir ne requéraient pour leur fabrication aucune expertise particulière. Quant à la domination masculine, on voit bien mal en quoi elle pourrait être déduite de ces sépultures. Pour terminer, ces « nouvelles connaissances » (qui remontent tout de même aux années 1960) ne « récusent » en aucun cas l'idée que « les » sociétés du Paléolithique aient été égalitaires : elles soulèvent simplement – mais c'est déjà beaucoup – la possibilité que certaines d'entre elles ne l'aient pas été.
On observe le même manque de rigueur à propos des concepts forgés par Alain Testart qui sont évoqués à plusieurs reprises au cours du texte, ainsi que dans le lexique final. Contrairement à ce qu'écrit Pascal Picq, les types A et B de chasseurs-cueilleurs n'opposent nullement ceux qui ignorent la richesse et dont les prestations matrimoniales se limitent à du travail, à ceux qui la connaîtraient et qui transfèreraient des biens lors du mariage. Cette dichotomie, dans le vocabulaire d'A. Testart, est celle qui sépare le « monde I » du « monde II ». Les types A (comme Australien) et B (comme Bushman) représentent une différenciation interne au monde I, selon le type de prestations matrimoniales qui y règne, et qui est censée déterminer un rythme d'évolution différent vers l'émergence de la richesse, c'est-à-dire dans la transition vers le monde II.

L'insaisissable « matriarcat »

Mais c'est sans doute à propos de certains concepts-clés de l'anthropologie sociale que les flottements et les imprécisions sont les plus gênants, dans la mesure où ils brouillent le cœur même de la troisième partie de l'exposé. Sur la question emblématique du matriarcat, on a ainsi bien du mal à comprendre de quoi il est question au juste. Le glossaire, auquel le lecteur troublé ne manquera pas de se reporter, définit cette notion de manière stricte – plus stricte, même, qu'il n'est d'usage :
Matriarcal : Se dit d’un système social dans lequel les femmes disposent de tous les pouvoirs, économique, politique et sacré. De telles sociétés sont matrilocales et matrilinéaires. Si des femelles dominent une société sans être matrilocales ni matrilinéaires, on parle de gynocratie.
On comprend donc de ce qui précède que les matriarcats forment un sous-ensemble des sociétés dominées par les femmes (au point qu'elles y détiennent « tous les pouvoirs », ce qui constitue une précision bien discutable, mais passons) : celui qui est également marqué par la combinaison matrilocalité / matrilinéarité. Soit. Mais alors, comment interpréter une phrase telle que :
Il existe actuellement dans le monde une cinquantaine de sociétés dites matriarcales au sens large, c’est-à-dire matrilocales et/ou matrilinéaires. Les sociétés matriarcales au sens strict, là où les femmes disposent du pouvoir économique, politique et sacré, sont un peu moins nombreuses.
Selon la définition précédente – et, ajoutera-t-on, selon le sens commun –, les sociétés où les femmes ne détiennent pas le(s) pouvoir(s) ne sont pas « matriarcales au sens large » : elles ne sont pas matriarcales du tout. Le trouble s'approfondit encore avec cet autre passage :
Néanmoins, il existe encore de nombreuses sociétés matriarcales, tout au moins matrilinéaires et matrilocales, où les femmes détiennent les pouvoirs sacrés, économiques et politiques – matriarcales si les femmes sont apparentées, sinon on parle de gynocratie.
On croit cette fois comprendre que la matrilocalité, la matrilinéarité et le pouvoir des femmes ne sont que des conditions nécessaires au caractère matriarcal de la société : celui-ci n'interviendrait que lorsque les femmes sont « apparentées » – mais comment, dans une société matrilocale, ne pourraient-elles pas l'être ? Au demeurant, le seul exemple de « gynocratie » (c'est-à-dire de domination féminine non associée à la combinaison matrilinéarité / matrilocalité) que fournit le livre est celui des bonobos. Doit-on en conclure que cette catégorie ne se rencontre pas dans les sociétés humaines ?
Le coup de grâce arrive toutefois avec cette remarque tout à fait légitime, mais dévastratrice, à propos du monopole masculin sur les armes :
Même dans les sociétés matriarcales, les affaires extérieures, pacifiques ou belliqueuses, sont menées par les hommes. C’est la raison pour laquelle il n’est pas possible de parler d’un matriarcat avec les femmes détenant tous les pouvoirs.
Mais alors, ces matriarcats où les femmes détiennent tout ou l'essentiel des pouvoirs, sont-ils des réalités observées ou un cas de figure qu'aucun exemple connu n'a jamais illustré ? Bien qu'il ne soit « pas possible » d'opter pour le premier terme de l'alternative, Pascal Picq en parlera tout de même, comme une configuration qui se rencontrerait encore dans « un peu moins » d'une cinquantaine de sociétés actuelles – le livre n'en donnera toutefois pas d'exemples. Comprenne qui peut.
Pour affirmer ainsi l'existence de tels matriarcats, Pascal Picq choisit de s'appuyer exclusivement sur les travaux de la chercheuse Heide Goettner-Abendroth. Le problème est que ceux-ci sont très loin de faire l'unanimité, comme on peut par exemple en juger par cette critique dévastatrice publiée dans le Journal des anthropologues. En fait, H. Goettner-Abendroth, elle-même philosophe de formation, refuse tous les résultats obtenus par la science anthropologique « officielle », qu'elle accuse d'être profondément biaisée par le masculinisme. Pour avoir un avant-goût de la perspective dans laquelle elle se situe et de sa valeur scientifique, on peut rappeler cet extrait d'un de ses textes publié en 1980 (opportunément cité par Beate Wagner Hasel, « Le matriarcat et la crise de la modernité », Mètis. Anthropologie des mondes grecs anciens, vol. 6, n°1-2, 1991. pp. 43-61) :
Comme nous le savons, les grandes religions patriarcales et les systèmes de pensée qui leur ont succédé, la philosophie et la science moderne, n'ont pas mis d'aplomb l'ordre cosmique, contrairement à ce qu'elles prétendent. Bien au contraire, quand nous considérons notre planète Terre et les effets des forces naturelles sur l'homme extérieur et intérieur, nous voyons qu'elles ont rompu l'équilibre de cet ordre cosmique. Ce que les religions matriarcales comprenaient et respectaient, c'est-à-dire les cycles naturels, fut méprisé et détruit par les religions patriarcales. Avec quelle aide nous y opposer ? Puisse Héra se lever pour faire de nouveau de l'ordre terrestre un ordre qui assure la survie du cosmos, s'il en est encore temps !
Dès lors, on ne peut que s'interroger : pourquoi mener une discussion sur le matriarcat en s'appuyant sur une telle référence, sans même signaler qu'elle est extrêmement minoritaire et contestée ? C'est d'autant plus troublant que quelques pages plus loin, Pascal Picq reproduit un tableau tiré de mes propres travaux – en l'attribuant, au passage, à l'ami Jean-Marc Pétillon, et en transformant une conférence grand public en communication de colloque. Or, ce tableau illustre précisément l'absence frappante de toute société humaine matriarcale (ou « gynocratique »). Alors, qui a raison ? Ceux (fort rares) qui soutiennent qu'encore aujourd'hui, dans des dizaines de sociétés humaines, les femmes détiennent « tous les pouvoirs » ? Ou ceux, beaucoup plus nombreux, qui affirment que de telles sociétés n'ont jamais été observées, ni dans le présent, ni dans le passé ? Et comment une discussion sur les rapports entre les sexes au sein de l'humanité peut-elle être conduite sérieusement en faisant l'impasse sur cet élément capital – ou en le traitant de manière erronée ?

Quelques éléments d'éthologie

Ces critiques pourraient donner l'impression que le livre est dépourvu d'intérêt. C'est pourtant loin d'être le cas. Les deux premières parties, en particulier, qui portent sur l'éthologie et la place de l'espèce humaine dans l'évolution des primates, malgré le caractère parfois un peu décousu de l'exposé, méritent une lecture attentive. Les leçons qu'elles dégagent sont bien souvent frustrantes : les déterminismes que l'on croit pouvoir invoquer sont pour la plupart invalidés, et les conclusions demeurent, pour l'essentiel, des questions sans réponse. Mais comme un bon doute vaut mieux qu'une mauvaise certitude, ces éléments sont loin d'être inutiles.
Parmi les nombreux points que l'on peut relever (outre, pêle-mêle, quelques arguments contre les travers de la psychologie évolutionniste ou les thèses de Priscille Touraille), on note en particulier l'absence de lien direct entre dimorphisme sexuel et domination des mâles. La masse musculaire de ces derniers, ou leurs canines plus développées, ne sont pas prioritairement l'instrument de leur mainmise sur les femelles, mais le fruit de la compétition intrasexuelle, c'est-à-dire entre mâles eux-mêmes, pour l'accès sexuel à ces femelles. Au risque d'écrire une bêtise, j'ai tout de même eu le sentiment que le dimorphisme joue un rôle dans la domination des mâles, dans la mesure où, chez les singes tout au moins, il en constitue une condition nécessaire : je ne crois pas que P. Picq évoque un seul cas où cette domination ne s'accompagne pas de cet avantage physique. Celui-ci, cependant, est loin de constituer une condition suffisante ; le livre montre comment, parmi les primates, de multiples facteurs interviennent pour constituer des arrangements sociaux très variés. C'est d'ailleurs cette variété des configurations (ainsi que le nombre relativement faible d'espèces impliquées) qui rend les raisonnements si hasardeux : il est extrêmement délicat d'isoler l'effet d'un facteur particulier – un problème que l'on retrouve, à un autre niveau, au sein des sociétés humaines :
En fait, et comme chez les mammifères en général, il n’y a pas de réponse évidente : on observe tout au plus quelques tendances, tempérées par de nombreuses exceptions ou variations. Aucune corrélation cohérente ne se dégage des études comparatives. (...)
S’il existe des contraintes phylogénétiques identifiables dans les différentes lignées de primates, il n’y a pas deux sociétés de primates et de singes qui se ressemblent, à l’exception des hylobatidés (gibbons et siamangs). Ces différences ne peuvent pas s’expliquer par les seules contraintes phylogénétiques (sociobiologie), encore moins par les conditions environnementales (socio-écologie).
Concernant l'être humain, le raisonnement phylogénétique se heurte lui aussi à de nombreuses inconnues, en particulier du fait du nombre très réduit d'espèces survivantes de notre genre (homo) et de notre famille. On ne sait donc si notre dernier ancêtre commun avec les chimpanzés ou les bonobos ressemblait davantage aux premiers, aux seconds... ou ni à l'un, ni à l'autre. C'est d'autant plus frustrant que, du point de vue des rapports entre les sexes, ces deux espèces sont radicalement divergentes : alors que les bonobos se caractérisent par une forme de domination des femelles, les chimpanzés font partie des espèces de singes où la domination masculine est la plus affirmée. Sans aucune certitude, divers indices plaident en faveur de l'hypothèse selon laquelle notre héritage évolutif est marqué par un certain degré de domination masculine. Il est en particulier très probable que nous sommes issus d'un phylum dans lequel régnait la patrilocalité, et où ce sont donc les femelles qui quittaient les groupes à la puberté. Si ce trait ne s'accompagne pas automatiquement d'une infériorisation des femmes, il les prive néanmoins d'une de leurs principales lignes de défense, observée aussi bien dans les sociétés humaines qu'animales : l'existence de groupes locaux de parentes leur permet en effet de s'opposer aux prétentions des mâles.
Reste toutefois la lancinante question de l'articulation entre ce possible héritage naturel et les dispositifs culturels qui sont venus soit le systématiser et le renforcer, soit le neutraliser dans une large mesure – sur cet aspect comme sur tant d'autres, les sociétés humaines ont été extrêmement diverses. Je n'ai pas eu le sentiment que Pascal Picq parvenait réellement à répondre à cette question légitime ; mais pour le coup, ce n'est pas moi qui songerais à le lui reprocher.
La question (à mes yeux, essentielle) de la division sexuée des tâches (ou du travail) est traitée assez brièvement. Quelques éléments montrent qu'elle existe probablement de manière embryonnaire chez les ancêtres communs à l'homme et aux chimpanzés :
Qu’en est-il chez les singes qui pratiquent la chasse ? Là, c’est le plus souvent l’affaire des mâles. Chez les chimpanzés, il arrive que des femelles se joignent à la partie et participent à la battue, mais on n’a jamais observé une femelle tuer une proie, comme dans les populations humaines où les femmes participent à la chasse. Notons que les chimpanzés mâles n’utilisent pas d’armes contondantes, ni perforantes ou tranchantes. En revanche, on a observé des femelles chimpanzés saisir une branche, l’effeuiller, la casser de telle sorte que se forme un biseau et embrocher de petits galagos – d’adorables petits primates nocturnes – mangés tout crus.
Fait a priori surprenant en effet :
Toujours chez les chimpanzés, ce sont les femelles qui fabriquent et utilisent des outils, transmettant leur savoir-faire aux jeunes, avec, d’une communauté à l’autre, des traditions culturelles – au sens où les pratiques ne sont pas innées, donc transmises par les gènes, mais résultent d’un apprentissage dans un cadre social.
Quand, comment et pour quelles raisons s'est mise en place la division sexuée des tâches au sein de la lignée humaine, avec tous ses caractères spécifiques – en particulier, la tendance à l'exclusion des femmes des armes et des outils les plus sophistiqués ? On ne peut que constater notre ignorance :
Si elle invite à reconsidérer l’origine « naturelle » de ces discriminations sexuelles, l’éthologie comparée ne donne pas d’explication sur leur apparition.
Sans fournir des réponses clés en main à quelques questions brûlantes concernant la spécificité humaine, l'éthologie aide donc à se poser les bonnes questions et à écarter quelques fausses évidences. C'est déjà beaucoup et, malgré les réserves exprimées plus haut, c'est bien ce qui fait l'intérêt de ce livre, en particulier dans ses deux premières parties.

5 commentaires:

  1. Merci Christophe pour cette critique très éclairée et étayée.

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  2. Merci pour cet article. Les "arguments" contre la psychologie évolutionniste que vous évoquez ne sont pas des arguments mais une caricature grossière et non-sourcée d’un champ qu’il ne connaît de toute évidence pas. Vous pouvez aussi les considérer comme des "approximations", comme vous les appelez poliment.

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    1. Indépendamment de la qualité réelle ou supposée des développements de P. Picq sur ce point, à titre personnel, j'avoue bien volontiers être très peu convaincu des apports de la psychologie évolutionniste. C'est une discussion qui est revenue à plusieurs reprises sur ce blog, mais je n'ai jamais trouvé de réponses satisfaisantes, en particulier, à ces deux questions :
      1. Face à un trait culturel observé comme sinon universel, du moins largement répandu, comment la psychologie évolutionniste l'attribue-t-elle à une disposition cérébrale sélectionnée par la biologie il y a 100 000 ans, et non à une possible adaptation sociale intervenue à un moment quelconque de l'évolution des organisations humaines ?
      2. Sur quels points offre-t-elle des explications qui permettent d'aller au-delà de celles que propose une l'approche par les structures sociales ? (J'ai effectué des lectures sur trois thèmes, à savoir les rapports hommes-femmes, la guerre et la religion, et sur aucun des trois je n'ai trouvé de réponse probante à cette question).
      Si vous avez des éléments sur l'une ou l'autre de ces questions, je suis preneur !
      Cordialement

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  3. Jacques Simon03 mars, 2021 13:36

    Je vois que je n'aurais pas à lire ce livre, tout ou presque de ces thèses circulant dans diverses revues grand public comme PlS ou La R... par contre je relève une contradiction apparente dans le § sur la chasse pratiquée par les chimpanzés:Il affirme que les femelles ne tuent pas les proies ( et que les mâles ne se servent pas d"armes"),tout en les décrivant les embrochant sur des branchettes. Or j'ai lu à maintes reprises que ces branchettes préparées sont utilisées (mais sans qu'il soit spécifié par quel sexe) pour déloger et extraire les galagos de leurs refuges dans le creux des arbres, trop profondément pour que l'on puisse le faire à la main (ou trop étroit, ou risque de morsure).Est-ce parce que le § est coupé? Ou bien parce que cela a été écrit un peu trop vite? Les pauvres galagos ne doivent pas ressortir très fringant embrochés comme de vulgaires kebab...
    Je précise que je ne suis en rien spécialiste d'une quelconque science humaine, juste un lecteur attentif de l'actualité scientifique et politique(je me suis limité à un Deug de lettres modernes, et j'ai essentiellement travaillé comme ouvrier encadreur).La retraite me donne l'occasion de fouiner un peu sur les sites ou les blogs référencés par mes deux revues préférées; votre article sur la guerre en Australie m' a interpellé. Au fait, j'ai lu il y a un certain temps qu'une anthropologue avait fait des recherches immersives dans une société Aborigène, mais du côté Féminin,et s'était aperçue que tout ce qui avait été rapporté par des informateurs hommes(et par des anthropologues masculins) négligeait complètement la culture tout aussi développée de la moitié féminine de leur société, avec des traditions, des rituels et des points de vue très différents. Je n'ai aucune référence, et j'ignore la pertinence réelle de ces travaux, mais il serait intéressant d'y aller voir dans le contexte actuel.Il me semble en avoir lu une recension dans les années 90.

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